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أسئلة شائعة


  

 

 

 

La femme dans la littérature française

Du Moyen-âge et de la Renaissance

Débat et transformation de la condition

Féminine

 

 

 

                                                                                                                                                                                  Dr.Lina Taha

                                                                        Faculté des lettres

                                                                        Damas-Syrie

 

                                     

 

                                     Résumé

 

     Cette étude vise à montrer les étapes d’une controverse qui continue à travers les siècles, surtout dans la littérature du Moyen-âge et de la Renaissance. Elle  parle de la misogynie de certains écrivains et de leur façon de traiter la question, en imposant à la femme une éducation précise et des responsabilités très limitées. Cependant la femme a lutté pour avoir sa liberté, elle a réagi face à cette misogynie et elle est parvenue à changer sa situation et à jouer un rôle important.

   L’étude se termine par une vision plus optimiste qui voit dans l’union de l’homme  et de la femme le secret d’une vie plus humaine.

 

 

 

 

-

 

Introduction :

 

Il n’est guère question que des femmes.

            Que veulent les femmes ?

Qu’ont-elles à réclamer ?

On les a oubliées ici, on les a oubliées là. L’éducation des femmes est pitoyable dans les siècles anciens. Elles devraient tout savoir, et on ne leur apprend rien. Elles n’ont pas assez d’esprit, elles en ont trop. Elles devraient avoir leurs carrières à elles, leurs cercles, leur indépendance : être les égales des hommes  tout en restant des femmes.

     C’est une vraie cacophonie ! Tout le monde s’y mêle. Presse, théâtre, littérature, tout retentit de ces questions. Inutile de parler des  réunions publiques ou privées, des salons et  des conférences. Bref, le sujet est un peu surchargé ; aussi tend-il à s’obscurcir notablement.

     L’anarchie se traduit en particulier dans l’éducation . Comment dire à des jeunes filles ce qu’elles doivent être et ce qu’elles doivent apprendre, penser et savoir, puisqu’on ne sait pas au juste où l’on veut les mener ? Vont-elles marquer dans la vie de la     même façon que les hommes ? Ou bien remplir une mission égale, peut-être supérieure, mais différente ?

 

1-                Comment on envisage la situation de la femme avant et pendant la Renaissance

     

 

Dans les premiers siècles, les structures sociales sont à l’avantage du sexe masculin :         

Toutes les lois maintiennent la femme en dépendance de l’homme l’assimilant, telle une esclave, à une « chose » plutôt qu’à un être humain elle est éloignée de la vie juridique, sociale, et religieuse. Elle ne jouit presque d’aucun droit en comparaison à ceux de l’homme. Avant le mariage, elle est sous la tutelle d’un père, ensuite sous l’autorité et presque la mainmise d’un mari. Son rôle est tout domestique : S’occuper de la maison et mettre des enfants au monde.

      C’est une vieille querelle aussi ancienne que le monde, puisqu’elle commence à l’aube de l’humanité, au moment où Eve tendit la pomme à Adam, et elle durera sans doute jusqu’à la fin des âges. Eve , a une fois pour toute tracé le modèle féminin immuable !

L’image de la femme se faisait dans la société traditionnelle : un être faible qui a besoin de protection , faible à séduire et lui-même facilement tentateur.

  

 

  Il est inutile d’indiquer le rôle spécial des Arts d’Amours et des fabliaux dans l’histoire de cette grave question pendant une partie du moyen-âge, l’influence de Jean de Meun, le grand contempleur des femmes, dans la seconde partie du Roman de la Rose et les rudes attaques du clerc Mathéolus, de Boulogne-sur-Mers, implacable dans sa haine contre le sexe faible et le mariage. Ces noms évoquent dans l’ancienne littérature le souvenir des plus mémorables controverses qui précèdent le XVème siècle. Cette dernière époque donna sûrement à la querelle une ampleur et un horizon nouveaux. Les seuls noms de Christine de Pisan, l’énergique défenseur de la cause des femmes, avec l’aide du chancelier Jean Gerson, de Jean Le Fèvre, le poète traducteur de Mathéolus, de Villon,  attestent assez l’extension que prit la querelle pendant le siècle qui précède la Renaissance et qui prépare tant de choses dans ce domaine.

    

     L’époque de la Renaissance a été une époque où ces questions se sont souvent posées. C’était une période de transition, et par ce fait la situation des femmes subit alors une transformation presque inévitable. Jusque là les femmes étaient considérées comme inférieures aux hommes ;à eux , il appartenait de tout faire, et aux femmes de rester au foyer comme des objets précieux, mais fragiles.

 

2-Le féminisme et la misogynie de certains écrivains, comment ils ont traité la question ?

 

    Avec le XVIème siècle, loin de se ralentir, la vogue des écrits pour ou contre l’amour, persiste. Seule la controverse prend un caractère plus sérieux et une perspective plus stricte. Elle profite du progrès général des esprits, de la connaissance plus solide de l’Antiquité, de la rénovation des études juridiques, du développement de la médecine et de toutes les sciences d’observation.

     Erasme, Jean Bouchet, Rabelais, Marot, Ronsard et Montaigne figurent parmi les écrivains les plus en vue qui aient pris part au débat pendant le XVIème siècle . A cette période,nombreux sont les traités consacrés à la pédagogie. Mais l’effort de critique et d’invention porte sur l’éducation des garçons. L’éducation des filles confiéé à la mère, reste au second plan . Aussi bien la femme est-elle rarement appelée à partager les hautes préoccupations des hommes.

     Cette confusion est fâcheuse, car il en résulte que les femmes marchent à l’aventure. L’éducation des jeunes filles en a beaucoup souffert.

En 1526 paraissait L’Institution du mariage chrétien d’Erasme. L’écrivain montre dans ce livre dédié à la reine d’Angleterre, une délicatesse de sentiments, un sens de nécessités sociales et une compréhension de progrès à réaliser dans le domaine de la relation entre homme et femme. Il reconnaît à la femme des droits dans la famille et dans la cité et lui recommande l’étude et l’instruction. Erasme invite le jeune homme à ne pas se préoccuper exclusivement de trouver chez sa future femme des manières plus ou moins puériles, mais avant tout une âme cultivée et bien équilibrée. Dans son livre du  Soldat chrétien, Erasme a intercalé un magnifique éloge de la femme image de Dieu, à savoir de la piété, de la modestie, de la sobriété et de la chasteté. Et puisqu Erasme est convaincu que la femme porte le poids du péché originel, il lui recommande alors l’étude et l’instruction absolument nécessaires de la protéger contre elle-même ; de la former justement et de la guider vers les voies du salut .

 

     Plusieurs, comme Rabelais, dans l’épisode de l’abbaye de Thélème, où tout était fait selon l’arbitre des femmes, rendent  un hommage explicite à l’égalité des sexes, voir même à la prééminence du sexe féminin. Le premier livre de Pantagruel célèbre les progrès intellectuels des femmes et des filles qui «  ont aspiré à cette louange et manne céleste de bonne doctrine »(1). Mais il faut bien reconnaître par ailleurs, que ces éloges apparaissent plutôt comme des effusions momentanées, et que tout le reste des deux premiers livres de Pantagruel, desquels la femme est absente, sinon traitée avec peu de sympathie, tend à le contredire. Dans son tableau d’une société idéale, l’auteur de Gargantua glorifie les dames parce que  cela est nécessaire  à sa conception antimonastique, mais il ne les loue pas pour elles-mêmes.

     En réalité, cet ancien moine n’a pas aimé la femme. En dépit des pages admirables de l’abbaye de Thélème, il est resté fidèle à la conception satirique et méprisante du moyen-âge à l’égard du sexe faible, et on s’étonne de son opinion à l’endroit de l’éducation des femmes lorsqu’il les renvoie brutalement à leurs « quenouilles » et à leurs métiers de broder.

 

 

 3-Une controverse qui continue à travers les siècles :

 

 

La controverse continue tout au long des siècles. Deux traditions contraires n’ont pas cesser de coexister ni de se développer, en ce qui concerne l’amour et la femme en France : la tradition gauloise, d’ordre satirique, franchement dénigrante, et la tradition idéaliste tendant à l’exaltation et au panégyrique du sexe féminin et des sentiments amoureux.

 

Jamais la tradition satirique ou antiféministe ne fut oubliée. Gratien Dupont, Seigneur de Drusac, lieutenant général de la sénéchaussée de Toulouse, se chargea, en effet vers 1534, de pousser le cri d’alarme contre les éloges du beau sexe. Ce grand personnage, poète à ses heures et auteur d’un traité  de versification, était convaincu que l’influence de plus en plus notoire exercée par les femmes dans les divers milieux sociaux constituait un danger redoutable. Sous le titre de Contoverses  des sexes masculin et féminin, il publia en 1534 à Toulouse, un long poème divisé en trois livres, qui n’est qu’une suite d’attaques violentes, souvent grossières, à l’égard des femmes.

 

Pas un écrivain ayant agi ou produit au XVIème siècle n’est resté indifférent à la querelle des femmes. Les poètes de la Pléiade participent presque tous à cette question.

La femme était pour eux l’inspiratrice des poèmes les plus beaux qu’on  a lu depuis le XVIème siècle jusqu’à nos jours. Mais la plupart d’eux ne voient dans la femme que sa beauté physique.

Ronsard le prince des poètes, poète de l’amour et de la femme ne voit dans sa dame que la beauté qu’aimaient les artistes de son temps et les peintres de Fontainebleau, mais plus encore le modèle idéal. Jamais il ne se préoccupe de son intelligence, de son éducation ou de son rôle important dans la société.

 

La Femme, Il ne voit guère son être individuel, il l’écoute encore moins. C’est la passion qu’il veut, malheur et bonheur, alternance brûlante où il s’éveille. Qu’importe alors qu’elles se ressemblent toutes, ces dames des Amours, qu’elles aient même cruauté et même visage. Qu’importe aussi qu’il  les célèbre avec des mots d’Ovide ou de Pétrarque. Ronsard crée ces figures féminines, sans se soucier de leur type individuel. Il les farde, pose des lèvres coralines sur un teint d’aurore ou de rose. Il les dessine longue et leur gorge de marbre ou d’ivoire. Elles ne sont plus Marie ou Hélène, mais l’éternel féminin comparé à Vénus.

La déception de Ronsard dans ses amours, et la cruauté de la femme aimée apparaissent à sa misogynie de plus en plus farouche. Aux femmes, Ronsard reproche tout : leur infidélité, leur vénalité et leur ruse.

Le platonisme qui marque les œuvres de ce grand poète triomphe, en effet, par le féminisme. L’amour pour Platon et pour tous ces poètes qui se sont influencés par lui dans ce siècle, naît réellement d’un rayon de la beauté divine, transmis par un visage de femme. Donc les femmes dès l’antiquité ont pour mission de représenter la beauté, et par conséquent l’amour qui est rarement réciproque.

 

L’école lyonnaise  tout entière avait pris parti, s’inspirant de Platon et de Plutarque, cette école se consacre à la glorification de la femme et à l’exhaltation de l’amour. Mais l’importance accordée aux relations amoureuses limitait à l’extrème l’autonomie concédée à la femme. Celle-ci reste l’objet du discours masculin et ne doit son importance qu’à l’éffet d’écho qu’elle produit. Et surtout l’image flatteuse qu’on lui propose d’elle-même, lui enlève toute possibilité de refus : présentée comme belle, vertueuse, sage et modeste, elle ne pourra que tenter de s’identifier à ce modèle. Loin de mener le jeu et d’utiliser la philosophie de l’amour pour accroître son autorité, la femme reste en définitive ce qu’on a voulu qu’elle soit.

 

Montaigne, le grand pédagogue du siècle, a beaucoup insister sur l’importance qu’il faut accorder à la pédagogie féminine quand il déclare dans ses Essais, livre III, chap.V que « les femmes n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde , d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elle » . La femme doit alors échapper aux préjugés de son temps. Elle ne doit pas attendre des autres qu’ils soient plus consciencieux qu’elle de son intérêt personnel . Aucune loi n’empêche la femme d’être bien instruite, elle est, en principe aussi

                                

 

capable d’étudier que l’homme. Si elle est ignorante ou inférieure c’est faute d’une bonne instruction dès l’enfance.

 

Malgré toutes ces idées qui pourraient nous paraître féministes, on ne s’attarde pas à trouver, des grandes lacunes à propos de la femme, chez Montaigne, ce grand écrivain et pédagogue, dont l’importance des idées sur l’éducation n’est ni discutable ni discutée. Montaigne qui a laissé sa femme se préoccupet toute seule de l’éducation de leur fille unique, tient en médiocre estime l’esprit féminin, il prononce qu’une femme est « assez savante quand elle sait mettre différence entre la chemise et le pourpoint (un gilet) de son mari ».Il se plaint que ses contemporaines prétendent au bel esprit et constate que leur savoir reste superficiel. Si la femme étudie, son étude doit la mener à être patiente, résignée et obéissante. De culture générale, de développement personnel, il n’est pas question.

Ce même écrivain qui a dédié son châpitre « De l’institution des enfants » à une grande dame, la contesse de Gerson, et son châpitre « De l’affection des pères aux enfants », à madame d’Estissac, attaque les femmes qui veulent par curiosité avoir part aux livres. Il leur propose seulement les sciences qui leur conviennent mieux comme la poésie.

 

La même conception en ce qui concerne la curiosité féminine qui est un des premiers effets de l’orgueil, porte Fénélon un siècle plus tard à traiter dans son œuvre, ce même problème avec les mêmes points de vue l’orsqu’il pense que les filles ne doivent pas être savantes car leur esprit est faible, et il faut craindre de faire des savantes ridicules.

 

Il faut donc borner l’instruction des femmes, la plupart des moralistes adoptent vis à vis de la femme une attitude de défiance à propos des études et des lectures de la femme.

 

4-Les femmes célèbres dans l’histoire de la France :

 

     Ce n’est pourtant pas qu’on fût éloigné d’accorder aux femmes ce qu’on appelle le droit aux carrières. Dans la haute politique, rien n’empêchait d’accepter l’aide des femmes au milieu des périls les plus graves. Dans bien de châteaux, la dame du lieu en l’absence de son mari accomplissait les missions les plus viriles, commandait la justice et commandait les hommes d’armes. Christine de Pisan parle de cette mission comme d’un devoir strict ; non pas comme d’un droit. Nous nous rappelons à ce propos de la reine Isabeau de Bavière qui était une vraie femme incarnant la force du jugement de tout son sexe ; de Jeanne d’arc qui a sauvé les français, et plus tard de l’ancienne dame de Beaujeu, Anne de France, toujours dans son rôle de régente, de femme politique, militaire, diplomatique, soutenant la fortune de la France, et déployait dans les plus grandes difficultés son incomparables génie.

 

     A la cour de François Ier, sa propre sœur Marguerite de Valois ou Marguerite de   France réunissait   autour d’elle une aristocratie

féminine, et elle-même se déclarait hautement la protectrice des poètes, notamment de Marot qu’elle parvint à préserver de la persécution et pour un temps de l’exil. Auteur de l’Heptaméron, elle a montré tout au long de son œuvre, une originalité grave des méditations par lesquellles elle marqua son activité dans le domaine de la pensée pure. Nulle part peut-être la reine n’a traité avec plus de complaisance des fins de l’âme, des mystères de la vie du cœur, des problèmes de l’amour et de la passion. Pendant trente ans, elle présida à ce mouvement d’esprit étonnant, toute l’âme pensante de la France a relevé de son sourire.

    

      Peut-on oublier ces femmes ?

      La femme a tenté donc de réagir diversement à la situqtion. Le problème féminin se pose désormais comme une question sociale. Dans toutes les cours européennes, royales ou princières l’influence des femmes est puissante. La femme tend à jouer un rôle social de plus en plus grand. On s’interesse plus à son éducation, elle n’a plus pour unique mission de veiller aux soins du ménage. Elle est plus entourée de respect, elle exerce des activités, et les grandes dames font sentir leur influence dans les cours et dans les assemblées mondaines.

 

 

Conclusion :

 

 

     La seule solution pour abolir cette dialectique de subordination de la femme, véritable colonisation indigne d’un être humain, est de se hâter pour une libération de la femme qui n’est juste qu’en libérant aussi l’homme de sa prétention dominatrice car l’une ne peut rien sans l’autre, et on commence alors avec le début du XVIIème siècle à cueuillir les roses de ce grand espoir à la femme.

     La société de demain  n’a pas à être masculine, ni féminine, ni indifférenciée, mais à être tout simplement humaine : Hommes et femmes ensemble pour un monde plus humain avec d’infinies possibilités de variations.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

 

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